Le faux dilemme d’Hortense ou les effets d’un management méchant

boss

En adoptant un comportement cynique, détaché et disons le méchant, certains managers créent les conditions d’attitudes paradoxales chez certains collaborateurs qui,  pour échapper à la pression, vont jusqu’à ne plus savoir prendre les bonnes décisions qu’elles soient personnelles ou professionnelles.

Hortense est assise dans le RER C  qui l’amène de Juvisy à Bibliothèque Nationale. Hortense est tendue. Ce matin elle a dû faire un  choix entre laisser son mari victime d’un malaise grave chez elle et rejoindre son travail après une semaine de congés. La peur au ventre, elle a décidé de laisser son mari alors que celui-ci était très mal. En prenant cette décision, Hortense n’a pas arrêté de se répéter « j’ai été absente une semaine et je suis censée reprendre aujourd’hui ». Étrange décision direz-vous car enfin qu’est ce qui peut bien motiver ce dilemme qui a première vue n’a rien de Cornélien. La réaction d’Hortense n’est pas anecdotique; il m’a également  été rapporté l’inquiétude d’un conjoint à sa femme alors que tous deux apprenait que  leur enfant n’avait plus que quelques heures à vivre: « comment vas-tu faire? Tu seras absente au travail ?!  » avait-il réussi à glisser paniqué à sa femme.

En relatant ces deux anecdotes je pose la question du rapport au travail de certains collaborateurs ou mieux du rapport qu’ils ont avec leur hiérarchie. Car cela est quand même révélateur de la main mise quasi dictatoriale que certains managersexercent sur la vie de leurs collaborateurs. En effet trouver qu’il y a un dilemme entre assister un mari ou un enfant au plus mal ou aller au travail est révélateur, selon moi, de la présence dans la vie professionnelle de certains salariés d’un leadership médiocre. Il est aussi vrai que la menace du chômage et le déclassement social possible empêchent souvent les collaborateurs d’user de leur droit à défendre leurs intérêts personnels, voire d’exister.

Simplement la vraie lecture pourrait être complétée ainsi: il arrive que certains managers adoptent un comportement néfaste voire toxique qui a pour résultat de briser le cercle vertueux de la dignité et d’y substituer des comportements cyniques et méchants qui auront pour résultat de vampiriser l’énergie, la motivation et donc l’engagement des salariés. Ceux -ci ne vivront plus que dans l’appréhension et seront alors mus par la peur. Et tout le monde sait que la peur est mauvaise conseillère : elle créé des dilemmes qui comme celui d’Hortense, n’en sont pas.

Dans les cas somme toute exceptionnels où le collaborateur vit un moment difficile,  l’entreprise par le biais des managers et des collègues doit manifester sa présence. Déjà par empathie, ensuite par courtoisie et enfin parce que si l’entreprise veut être sûre de l’engagement de son collaborateur il n’y a pas meilleure façon. Ce même type de pression ne pourra pas favoriser une prise de décision sereine dans le cadre du travail tout comme elle sapera la créativité et l’initiative.

Par ailleurs, il est fort à parier que les collaborateurs qui évoluent dans ce type d’environnement viennent au travail la boule au ventre. Ou  pour les plus rebelles avec l’idée de saboter l’entreprise en lançant des vendetta personnelles passives agressives. Qui ne se souvient pas d’avoir rencontré en tant que client une caissière ronchon et boudeuse pestant contre son manager?  Et dénigrant son entreprise avec un  » tous des c@#$!.. » ?

Or les collaborateurs sont comme les clients: ils restent fidèles et s’ engagent auprès des entreprises qui leur accordent attention, écoute, respect et compréhension. Sinon ils s’ en tiennent au strict minimum dans le meilleur des cas et l’entreprise est de fait systématiquement perdante. Car c’est un paradoxe que de saper le bien-être de ses collaborateurs tout en se reposant sur eux pour  dégager de la valeur pour ses clients. Plus les collaborateurs sont épanouis et mieux ils se dépassent pour  manifester leur engagement et plus ils seront porteurs d’une image positive de l’entreprise. Et au delà de cela, leur contribution sera deux fois plus efficace pour l’entreprise du fait d’une meilleure productivité de leur part, le tout fait avec entrain et créativité. Tout  le monde y gagne : management et collaborateurs et le client qui fait vivre les deux premiers.

A emporter:

Collaborateurs:

Choisissez si possible des entreprises où il fait bon travailler et où le comportement organisationnel  et la culture créent des cercles vertueux. Travaillez votre assertivité pour défendre vos intérêts et désamorcer les conflits potentiels.

Managers:

Ne cédez pas à la tentation du pouvoir qui s’ exerce sur les autres et optez pour un pouvoir qui vous permettra de réaliser vos objectifs avec les autres. Sachez qu’en ces temps difficiles vous aurez besoin de tous les membres de votre équipe et que pour réussir il faudra les embarquer ou alors perdre votre capacité réelle d’agir et d’atteindre vos objectifs.

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